PLASTIC DREAM
le repassage des seins

Le repassage des seins

Ce travail a commencé en faisant des recherches web sur le pays que j'allais découvrir durant mon voyage au Cameroun, invité à rendre visite à une amie qui y habite.
Poussé par la curiosité et surpris de découvrir que presque personne ne parlait de ce sujet, j'ai fini par rencontrer un journaliste TV puis approcher une association qui protège ces jeunes filles.
Mon approche pour rencontrer les filles s'est réalisée dans la plus grande délicatesse et dignité. Car le vécu de ces dernières est avant tout une grande douleur.



PLASTIC DREAM, interroge notre propre vision de la féminité face aux diverses tentatives de contrôles corporels, choisis ou subis par certaines jeunes femmes. Selon les cultures, les codes de la féminité diffèrent ! Si certaines pratiques tendent à rendre la femme aussi féminine que les codes culturels le prévoient, d'autres visent au contraire à retarder le passage de certaines jeunes filles au stade de jeunes femmes.

Ce travail, explore une pratique culturelle camerounaise : " le repassage des seins ". Ce repassage consiste à écraser la glande mammaire de jeunes filles ayant un développement pubère jugé trop précoce. Ce contrôle corporel est effectué par leur mère, grand-mère, tante ou encore guérisseuse, à l'aide d'objets chauffés sur le feu, détournés de la cuisine.

Cet acte entraine de véritables blessures physiques, psychologiques et même identitaires. Pourtant, paradoxalement, cet acte est avant tout un acte bienveillant, visant à protéger ces jeunes filles du regard des hommes, du viol, du mariage ou d’une grossesse précoce, et ainsi leur permettre de poursuivre leurs études.


Au fil des portraits, images et textes, et des objets, cette série entre alors intimement dans la dichotomie de ces femmes, dans leur rapport entre nature et culture, protection et conformisme, existence et oubli de soi.

Et c’est ainsi que ces seins, tant contrôlés que sacralisés, deviennent à la fois éternelle blessure et rêve de leur vie, pour une chirurgie plastique mammaire.

A l’instar des clichés féminins, ces photographies de femmes nues sous cadres noirs sont à première vue comme des bijoux précieux dans leurs écrins. Mais le bandeau de texte, tel un voile masquant leur intimité, reflète la blessure de leur féminité.

Travail en cours....
Ce projet est en cours, je dois retourner auprès des victimes et les aider avec ce projet, pour communiquer plus fortement en faisant une campagne d'affichage dans les rues, pour porter le message au cœur de la société civile.
J'aimerais aussi rencontrer des artistes sculpteurs camerounais, leur proposer une collaboration pour travailler sur des cadres sculptés personnalisés de leur émotion masculine face au sujet, et ensuite, exposer les oeuvres dans des galeries d'art ou des foires d'art, afin de collecter des fonds en vendant les œuvres, que je donnerai en partie à l'association RENATA à Yaoundé.


Cette série a été réalisée en collaboration avec le journaliste Kirk Bayama, qui monte actuellement un documentaire vidéo sur cette pratique culturelle, et l'auteure Julie Baudoin pour l'ensemble des textes du projet. Vidéo et musique Vincent Fribault. Sérigraphie et gravure sur plaque de métal, en collaboration avec Mladen Strbac de ouoùouh.

Breast ironing

 

I started this work by doing some web research on the country I was going to discover, to visit a friend who lives in Cameroon.Pushed by curiosity and surprised to discover that almost nobody spoke about this subject, I ended up meeting a TV reporter and then approach an association that protects these girls.My approach to meeting girls came true in delicacy and dignity. Because the experience of these girls is a great pain.

PLASTIC DREAM, questions our own vision of feminity regarding various attempts at body checks, chosen or undergone by some young women. According to cultures, the codes of femininity differ! While some practices tend to make women as feminine as cultural codes predict, others aim to delay the passage of some girls to the stage of young women.

This work explores a Cameroonian cultural practice: "breasts ironing". This ironing consists in crushing the mammary gland of young girls having a pubertal development considered too early. This body control is performed by their mother, grandmother, aunt or healer, using objects heated on the fire, diverted from the kitchen.

This act involves real physical, psychological and even identity wounds. Yet, paradoxically, this act is above all a benevolent act, aiming to protect these girls from the eyes of men, rape, marriage or early pregnancy, also allow them to continue their studies.
Over the portraits, images and texts, and objects, the series enters intimately into the dichotomy of these women, in their relation between nature and culture, protection and conformity, existence and selflessness.

And so these breasts, both controlled and sacred, become both eternal hurt and dream of their life, for breast plastic surgery.

Like the female stereotypes, these photographs of naked women under black frames are at first sight like precious jewels in their cases. But the banner of the text, like a veil masking their intimacy, reflects the wound of their femininity.

Work in progress...
This project is ongoing, I must go back to the victims and help them with this project, to communicate more strongly by making a poster campaign in the streets, to bring the message to the heart of civil society.
I would also like to meet Cameroonian sculptor artists, offer them a collaboration to work on sculpted frames personalized with their male emotion in front of the subject, and then, exhibit the works in art galleries or art fairs, in order to raise funds by selling the works, which I will give in part to the RENATA association in Yaoundé.

PLAQUES GRAVÉS A L'ACIDE (métaphore aux blessures psychologiques et corporels)

 

ACID ENGRAVED PLATES (metaphor for psychological and bodily injury)

 

 

© 2020 images et création site Gildas Paré Photographie